Histoire des sables

Influences et références

Le mythe comme école de liberté, de pluralité et d’harmonie.

Un point de vue mythographique

Un personnage, les bras ouverts, face au paysage cévenol
Face au paysage cévenol.

Les mythes restent pour l’écrivain un modèle inaccessible, car ils naissent d’une infinité de contributions anonymes.

Ils donnent une impression de grande unité, en dépit des contradictions qui les traversent.

Premier défi à nos attentes : ils ne s’inscrivent ni dans un cadre logique, ni dans une chronologie linéaire. Tout se passe comme si leur dimension nous obligeait à dépasser nos conceptions du temps et de l’espace.

Nombre d’entre eux invoquent le façonnage du premier homme par un potier ; la logique questionne la préexistence de ce potier.

Sans doute faut-il admettre qu’en matière d’efficacité démonstrative, et à destination du plus grand nombre, l’analogie l’emporte sur la raison.

En somme, le récit mythique offre la possibilité de jouer avec les contraintes que Kant identifiait comme les a priori de notre sensibilité.

Autre source d’affranchissement : le mythe propose une pluralité d’interprétations, sans les frapper d’incompatibilité ; on peut voir dans Pandore un archétype de l’inconscience féminine ; on peut aussi la considérer, à l’instar d’Ève, comme un agent provocateur salutaire, l’instance qui oblige l’Homme à sortir de son statut de consommateur béat, pour devenir volens nolens acteur de son destin.

Au tout premier degré déjà, les protagonistes d’un récit fondateur peuvent susciter des jugements opposés ; Apollon dans ses œuvres apparaît généralement comme un guide lumineux, garant d’une haute sagesse ; mais il est aussi un dieu jaloux, qui abuse de sa force pour punir ses rivaux mortels ; on résoudra cette incohérence en considérant que son comportement modélise celui des Grands, qui font régner la loi et l’ordre, tout en se dispensant d’y obéir.

L’atout majeur du mythe est donc d’ordonner la peinture des passions, de mettre en musique un foisonnement de voix.

Il nous enseigne que le monde est un beau désordre.

Au conteur, au dramaturge, au scénariste de se mettre à son école, en s’inspirant de son idéal de fluidité et d’harmonie.